Aux idéïous amoureux irréductibles du petit pays

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Aux idéïous amoureux irréductibles du petit pays

Message par Albanie le Mar 12 Aoû - 10:21

Déposez ici, si vous le souhaitez, des bouts de textes sur la Lozère que vous aimez particulièrement. Citez ou non l'auteur, selon votre humeur.

Car en Lozère rien n'est petit (...). Tout croît, sur ces plateaux pierreux : sauf, il va sans dire, la courbe de population, la production industrielle, et la vigne, le blé, le maïs, les "cultures nobles" comme les désignent avec envie les Lozériens - sans songer que la culture la plus noble, c'est encore l'aire de leur regard, la largeur sans pareille de leurs vues, de leurs voies, de leurs champs, la mesure sans mesure de leur pas ...

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Re: Aux idéïous amoureux irréductibles du petit pays

Message par Surcouf le Lun 25 Aoû - 15:08

La Margeride n'est pas seulement, en Lozère, une montagne de granit usée par l'érosion, celle des eaux, celle des vents, où habitaient jadis des Celtes querelleurs, chevelus, à qui les Romains apportèrent l'ordre, où les légions construisirent les routes que l'on emprunte encore aujourd'hui. C'est une forme d'esprit, que l'on retrouve aussi bien sur les Causses voisins que dans les Cévennes, un mélange de sagesse latine et de folie celtique mais aussi de défiance vis-à-vis de toute forme d'autorité. Répugnants à l'acte gratuit, âpres au gain, durs à la peine, vénérant la réussite, ses habitants sont capables de tous les renoncements et de toutes les folies. Ils peuvent disparaître en plein succès dans une retraite, s'y faire oublier, ou avides d'honneurs et de distinctions se vouer au noble déshonneur des causes perdues. Mais si assoiffés de justice qu'à Dieu lui-même ils demanderaient des comptes.

Jean Lartéguy.
Quand on représente une cause perdue, il faut sonner de la trompette et tenter la dernière sortie, faute de quoi l'on meurt de tristesse au fond de la forteresse que personne n'assiège plus parce que la vie s'en est allée.

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Re: Aux idéïous amoureux irréductibles du petit pays

Message par Plume Verte le Lun 8 Sep - 10:57

Tu parles de moi ???

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Re: Aux idéïous amoureux irréductibles du petit pays

Message par cilaos le Lun 8 Sep - 16:32

lavalette a écrit:Tu parles de moi ???


Où ça ?

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Re: Aux idéïous amoureux irréductibles du petit pays

Message par Dana Grolulu le Ven 14 Nov - 15:49

Louis Hugon
Dictons, proverbes et autres sagesses de Lozère.

Rien de tel qu’un enfant du pays, à la vibrante sensibilité, pour vous conter la sagesse populaire des terres qu’il aime… Et donner une image très complète de la richesse et des réussites du dialecte gévaudanais. Et pour entreprendre la collecte de plus d’un millier de dictons et proverbes, il faut aimer ce gévaudanais depuis sa plus tendre enfance, comme Louis Hugon. Une passion des mots et de la langue qui a en outre guidé toute sa vie, le menant à être professeur de lettres classiques.
Des dictons et proverbes qui chantent le quotidien et son labeur, les bons conseils d’une mère à sa fille, les conseils avisés, l’argent dur à gagner, le temps qui passe et les railleries faites à son prochain…Des expressions qui vous feront aimer la Lozère à votre tour !

http://www.deboree.com/dictons-proverbes-et-autres-sagesses-de-lozere_l9782844948403_c4_p2.html

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Re: Aux idéïous amoureux irréductibles du petit pays

Message par Dana Grolulu le Ven 14 Nov - 15:56


Almanach de Lozere
Gérard BARDON, Nathalie Plat, Hervé Berteaux
Les Cévennes, une mémoire collective aux visages multiples

Les Cévennes, c’est un peu de Lozère, un peu du Gard, entre l’Ardèche et l’Hérault, entre le Massif Central et la Méditerranée. Les Cévennes, c’est autant de mémoires que de territoires, des mémoires qui se conjuguent au pluriel. Pluralité des identités qui ont forgé un espace longtemps dénué d’entité administrative mais profondément marquées par l’Histoire et la main de l’homme. Car ce paysage, il a fallu le façonner pour l’habiter. Il a fallu le dompter pour le cultiver. Ici, rien n’est acquis, tout se mérite. Les terrasses, le défrichement, les aménagements hydrauliques… autant d’acharnement à mettre ce pays en valeur malgré un climat oscillant entre sécheresse et violentes précipitations.
Les Cévennes, ce sont les hauts plateaux céréaliers, les hautes vallées schisteuses des châtaigniers, les basses vallées méridionales. De toutes ces influences émerge une mémoire collective. C’est en puisant dans cette mémoire que l’on retrouve les saveurs d’autrefois, celles que l’on a à cœur de préserver coûte que coûte. Celles qui nous rappellent combien le temps, en cuisine comme en toute chose, est essentiel. Pour ralentir la course effrénée d’un quotidien qui nous dépasse parfois, il est bon de renouer un peu avec le passé dont le rythme n’est pas imposé par la volonté de l’homme mais par la nature elle-même.

http://www.cpe-editions.com/cpe/FicheLivre/index.htm?SREP=43&IDDOC=1621&SENS=-1

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Re: Aux idéïous amoureux irréductibles du petit pays

Message par Fraissinet le Sam 15 Nov - 10:38

Biographies lozériennes
Félix Remize (chanoine)

A mi-chemin entre la réalité et la légende...

Saint Firmin, nommé évêque d'Uzès à 22 ans, mourut à 37, le 11 octobre 553.
Si l'on en croit un ancien Propre d'Uzès (1686), ayant appris que les Gabales adoraient une idole à tête de mulet, Firmin accourut, les surprit au milieu de leurs cérémonies, saisit l'idole et la brisa contre terre. Colère des indigènes qui s'apprêtent à le lapider. L'un d'eux saisit une pierre et prend élan pour la lancer. Mais la pierre reste attachée à sa main et y engendre aussitôt la gangrène, qui lentement monte le long du bras, envahit tous les membres et cause la mort.
Le peuple, épouvanté, se convertit et proclame Firmin l'apôtre des Gabales.

Le culte du mulet a la vie dure!
Léa rend saur, Grallator tue.

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Re: Aux idéïous amoureux irréductibles du petit pays

Message par Planti Hier à 18:34

Surcouf a écrit:La Margeride n'est pas seulement, en Lozère, une montagne de granit usée par l'érosion, .......................
Jean Lartéguy.


C'est le plus beau texte que je connaisse sur la Margeride.
Introduction au livre de Jean Larteguy " Si tu reviens en Margeride" que je ne peux jamais relire sans émotion.

Le texte complet :

"Si tu pars à la découverte de la Margeride comme un touriste condamné à date fixe aux vacances forcées et non comme en pélerin qui s'est longuement préparé à cette quête, avec ferveur, tu risques de ne jamais la trouver. Tu pourras te munir de cartes et de boussoles, de guides bleus et verts, tu n'en verras pas grand chose, même si tu évites les grandes nationales, même si comme moi tu y as passé les années de ton enfance, qui gardent le parfum des foins coupés, des genévriers et ce goût de cerise des premiers baisers.

Par des chemins étroits bordés de frênes rabougris, tu longeras des étendues grises, pelées où paissent de rares troupeaux. Tu croiseras des fermes hostiles enfoncées dans la terre, près de tas de fumier que picorent les poules et des chiens faméliques aboieront sur ton passage.[...]
Tu pourras traverser la Margeride et n'en rien voir.

Car elle n'est, en Gévaudan, qu'une montagne de granit usée par l'érosion, celles des eaux, celles des vents et qu'habitaient les Gabales, des Celtes querelleurs, chevelus, dont la race, diton, resta pur jusqu'à nos jours.[...]

La Margeride, je te le répète, n'est pas seulement une structure géologique de type cristallin et le Gévaudan dont l'histoire est faite d'ombres et de lumières. Ou encore l'asile d'une bête fabuleuse dont Giono nous raconte qu'elle n'était pas un loup mais "un roi sans divertissement" qui n'étant pas du pays se prit à tuer pour échapper à l'ennui de longues nuits d'hiver.


Tu y trouveras, miraculeusement préservés, la paix et un art de vivre que notre siècle soudain pris de panique cherche à recréer. Mais avant de te mettre en route, tu devras te débarrasser de tout ce qui te pèse, t'oblige à te courber, te rend aveugle : l'intolérance, le culte bavard des nouvelles idoles et cette convoitise des biens inutiles et des femmes futiles qui t'empoisonnent la vie. Tu devras être affamé de solitude, de silence, de liberté. Alors tu recontreras la Margeride, te tromperais-tu de chemin, resterais-tu dans le pays de ta naissance ou celui de ton choix.

Mais je te conseille le voyage. Que tes souliers foulent les bruyères lozériennes et fassent résonner les dalles de pierre de ces voies que construisirent les légions. Car Rome ici est partout présente.

Connaissant leurs travers : cet amour du désordre et des palabres inutiles, ce refus de toute autorité, les Gabales avaient accepté l'ordre et la discipline latins, [...]. Il leur en est resté ce mélange de sagesse latine et de folie celtique.

Répugnant à l'acte gratuit, âpres au gain, durs à la peine, vénérant la réussite, les descendants de Gabale à tout moment sont capables de renoncement. Ils peuvent disparaître en plein succès dans une retraite, s'y faire oublier, [...].


A cause de cette vieille du Causse Méjean et d'un colonel d'Amérique, j'ai retrouvé ma
Margeride là où elle avait toujours été, en cette terre de Lozère que l'on dit la plus pauvre de France.
La plus pauvre si la richesse se mesure en fumées d'usines, déchets de plastique, produit national brut. Ou même au poids de l'or.

Mais j'affirme qu'elle est la plus riche par la qualité de son silence, l'éclat de sa lumière, la pureté de son atmosphère et de ses eaux. Et qu'elle est terre sainte autant que Jérusalem depuis que ses fils sont revenus soigner leurs blessures, réapprendre à marcher, à dormir, à écouter et à se taire. Et fêter la vie qui l'emporte sur la mort chaque printemps quand les champs de fleurs couvrent soudain les pentes des montagnes. Jusqu'au jour où la Camarde gagnera. Mais en trichant.

Si tu reviens en Margeride, tu découvriras que tout ce qu'a fait l'homme sous le soleil n'est pas seulement poursuite du vent, que la vie peut être douce, et chaude en amitié, et sereine la vieillesse. Et que l'amour, s'il résiste à cette épreuve du silence et de la solitude, transformera ce long, difficile cheminement, notre existence, en une marche triomphale par les sentiers odorants envahis par les herbes qui traversent sur des ponts romains des rivières claires, avant de se perdre dans l'azur du ciel."


Jean LARTEGUY, Avant Propos de Si tu reviens en Margeride.


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