Eh ! Facétieuse Salazie

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Eh ! Facétieuse Salazie

Message par Maître Goupil le Sam 19 Juin - 12:20

En guise, non pas de parasol, mais de bienvenue dans le monde impitoyable de la retraite (de la blanche, l'héroïne du jour) à soixante ans, une espèce en voie de disparition, donc à protéger, ce qui suit, accompagné de mes meilleurs vœux d'anniversaire.

Bien qu’effacée, comme ce titre une fois de plus racoleur le suggère discrètement, sa face est ieuse, pas de l’île d’Yeu bien sûr, ni de ces chênes cévenols qui en constituent la structure, mais de ces adjectifs ou noms en ieu (x) ou ieuse qui la caractérisent, savoir

Fasse essieu, comme son sourire en coin, dès lors qu'elle essaye de mettre elle-même sa voiture sur cales ! (il y en a d'autres)

Fa, c'est cieux quand elle espère trouver la clef et atteindre ipso facto les sommets de l'Harmonie en accordant les boyaux de son violon et qu'il continue néanmoins à couiner.

F assez scieuse, quand elle découpe méthodiquement les sujets du forum en rondins.

Miss terre rieuse, de cette Réunion où elle rigole tout le temps, dont on n'arrive pas à la faire sortir, où elle a gagné le prix de la bonne humeur et dont elle utilise un patois aussi incompréhensible que celui d'ici ! Au créole, puisque c'est de lui qu'il s'agit, l'r pompe l'air, cet r si difficile à prononcer alors qu'en Lozère, au contraire, l'air aère et est source de bien-être. Le créole a une imagination sans borne, notamment dans le domaine des concours, où elle a gagné également celui organisé par l'hopital et obtenu le titre envié de Miss Denguette. Ce créole qu'elle aime, en faveur de qui elle exprime son suffrage, c'est le non blanc réunionnais, celui qui, accompagné des Noirs et Caffres, en constitue la famille (lire à ce sujet le livre de Rose-May Nicole "Noirs, cafres et créoles, le non blanc réunionnais" ), en un mot le Noah, grand par la taille, hybride de deux origines, à l'accent légèrement chantant, d'un grand cru classé en 1983, de consommation interdite (Salazie, enfin !) mais qui, hélas, renarde…on ne dit pas ici que Yannick ne se lave pas, car c'est évidemment du fameux cépage prohibé en 1934 qu'il est question ici.

On définit dans le vocabulaire œnologique que le Noah a un goût foxé (ou qu'il renarde), ce goût se définissant comme possédant soit un caractère animal excessif, soit un parfum de cassis, soit enfin un mélange des deux. Il est également connu sous le nom de vigne Isabelle ou bien en anglais de black fox ou de fox grape (la grappe du renard, qui n'est pas, en soi, faut-il le préciser, un sujet de plaisanterie douteuse !)

Mère, veilleuse de l'enfant qu'elle a fait grandir.

Passant par ici (coucou), revenant par là (coucou), en coup de vent, à peine surgie, telle une Zorro vengeresse, aussitôt repartie, répartie vive et succincte, les yeux plissés de ce sourire que l'on devine espiègle, c’est une coureuse, pas de la variété de celles qu'on croise dans les bals du 15 août bien sûr, mais comme icelles et ceux des bois qui parcouraient les forêts profondes de l'Amérinde à la recherche de l’or brun, les fourrures de castor.
Est-ce de les avoir décimés qu’il fut décidé il y a bien longtemps de les réintroduire en Cévennes, dans la région de Florac très précisément où leur nom donna naissance à ces Vibron et Vébron enchanteurs ?

La Lozère serait-elle ce pays de coureurs des bois, à défaut de dot, et considérable, à cet égard, au même titre que la Nouvelle France ?

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Maître Goupil
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Nouvelle France

Message par Maître Goupil le Sam 19 Juin - 12:23

C'est dans ce territoire des Grands Lacs ou mers douces (le fameux pays d'en haut) peuplé de tribus de Hurons, d'Outaouais, d'Ojibwaes, de Pouteouatamis, de Miamis, de Renards que les coureurs des bois à la fois colonisaient et chassaient l'or brun.

Le Gouverneur de la Nouvelle France, Brisay de Denonville, préconisait de limiter leur activité de façon à ne pas trop disperser la population ainsi que le souhaitait le Roi-Soleil.
Très à la mode en cour à Versailles, trop peut-être jusqu'à en faire ombrage à l'hôte des lieux, Louis XIV eut ce mot à son sujet : N'y aurait-il que ce Brisay au menu des conversations ? expression qui est devenue, après contraction, pour qualifier une irritation, les briser menues. Est-ce d'avoir ainsi trop marché sur les brisées de sa majesté que Denonville en fut piétiné ?

Les Français, coureurs des bois, dont la réputation n'est plus à faire auprès des tribus en général et des indiennes en particulier, qui, outre des prestations de concubinage notoirement honorables, leur offrent des services de préparation de nourriture, de confection de mocassins, de cueillette d'herbes médicinales ou encore d'apprêtage de peaux (le paradis, quoi !), les Français donc contribuent, au travers d'une excellente relation avec l'indigène, à entretenir le mythe du génie colonial français. Peu sont restés à la postérité, hormis peut être Médard Chouart des Groseilliers et son beau-frère Pierre-Esprit Radisson. Beaucoup d'anecdotes courent sur leur compte, des plus fantaisistes à celles hélas plus tristes.

Ainsi de la mésaventure funeste d'Etienne Brûlé qui finit, mijoté dans une marmite huronne et mangé tout cuit, apprécié à sa juste saveur par les Hurons en 1633. D'un comportement assez peu courageux devant la mort, ce brouet fut qualifié par les Hurons de soupe au goût lâche.

Ainsi également de celle plus amusante où la période de la cueillette étant arrivée, on y avait, lors du ramassage acrobatique de fruits sur une terrasse escarpée, vu Médard choir des groseillers.

Comment ne pas évoquer à ce stade de l'inimitié féroce franco-anglaise la déportation systématique, le premier nettoyage ethnique, par l'Angleterre de la population canadienne de l'Acadie ? Le Grand Dérangement, tel que l'appelle l'histoire.

L'Angleterre ayant reçu en 1713 l'Acadie la rebaptisa Nouvelle Ecosse, laquelle procéda, pour s'assurer d'un calme religieux et d'une bonne allégeance, au rassemblement de la population acadienne qui n'avait pas déjà fui, puis à son embarquement vers des colonies anglaises. La majorité périt, de maladie, de faim, de froid, des violences perpétrées…mais quelques uns atteignirent la Louisiane avant qu'elle ne passe sous souveraineté espagnole.
Ces Acadiens perdirent, non pas leur latin, mais leur A pour devenir Cadiens, leur nom anglais, donc vulgaire, étant Cajuns.

Winnipeg, Winnipee, terres boueuses dans la langue de la tribu Cri, fut un lieu de rassemblement français. Du quartier St Boniface en face de la rivière Seine où la rue Jeanne-d'Arc cotoie le boulevard Dollard. Des alentours où St Malo, Bruxelles et Notre Dame de Lourdes témoignent de cette présence. Ces mélanges de race créent la part cachée de l'aventure française, les métis. George Baudry, retraité installé près de la rivière Roseau, nous rappelle plaisamment que neuf mois après que La Vérendrye soit arrivé au Manitoba, le métis est né dans les bois. Son père parlait le dialecte saulteux et jouait avec les ojibwaes. Il ajoute que si la langue française a perduré là, c'est grâce aux métis. Son parler, le mitchif, est un drôle de créole mêlant français et cri, assaisonné d'expressions écossaises.

Qu'y chasse-t-on ? le manitou, un lièvre aussi gros qu'un veau de lait, le poisson-arme, un espadon ou bien la tortue géante, bien que prudemment, car le reptile incarne Micipichik, la déesse des eaux des Michinak.

Au milieu du XVIIIème siècle, où le mot d'esprit est le sport favori des élites, à Bougainville qui supplie qu'on renforce les troupes contre les ennemis héréditaires anglais, le ministre de la Marine répondit qu'on ne cherchait point à sauver les écuries quand le feu était à la maison. Bougainville lui répliqua : On ne dira pas, Monsieur, que vous parlez cheval ! (mal s'exprimer).

La constante myopie géopolitique du pouvoir métropolitain quant aux enjeux de l'Amérique du Nord étonne. Les repentirs, quand il y en eut, firent long feu.

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Des villes, des lieux et des gens

Message par Maître Goupil le Sam 19 Juin - 12:28

Détroit fut fondée en 1701 par le gascon Lamothe Cadillac (que l'on confond quelquefois à tort avec le caddie yack dans lequel on met ses courses en Mongolie). Pontiac, chef de guerre outaouais, rallia à la cause de la rébellion contre les anglais, Miamis (à ne pas confondre avec les Miammiamis, une tribu anthropophage de Floride), Ojibwaes, Hurons, Chaouanons (Shawnees), Delaware.

Cadillac et Pontiac, à cette époque là, c'était des grosses cylindrées, c'est toujours vrai.

L'aventurier Cavelier de la Salle, dont les voiliers firent la renommée, en perdit deux. Le premier, le fameux Griffon, lancé sur le lac Michigan vers la baie des Puants (répondant, en anglais, au joli nom de Green Bay) sombra quelque part. Le deuxième, la Belle, connut le même sort dans les eaux du Texas. Les deux forment depuis de nombreuses années la base d'un conflit juridique intéressant entre France et USA.

La Belle Rivière, l'Ohio, constitua le point central de la guerre franco-britannique. George Washington, alors colonel dans la milice de Virginie avant que de devenir Président des Etats-Unis, fit tuer au cours d'une embuscade, Jumonville, enseigne français envoyé auprès des Virginiens. Cet assassinat constitue le point de départ de la guerre de sept ans.

Ce premier conflit mondial majeur (1756-1763) opposa France et Angleterre, Prusse, Autriche, Espagne au sujet, pour les deux premiers, de la possession du Canada et de vallée de l'Ohio, son champ de batailles s'étendit de l'Europe à l'Amérique du Nord en passant par l'Inde. Le résultat en fut la désintégration du réseau colonial français et la perte de nombreux territoires, notamment Canada, Est du Mississippi, Sénégal échangé contre Gorée, Minorque troqué contre Belle Île en mer, etc…La géographie de l'époque connut des bouleversements majeurs.

Un géographe sérieux, pas un poète bien sûr, s'il en est, pourrait en dire un peu plus !

Memphis, capitale du blues, fut fondée en 1739 par Pierre-Benoît Payen de Nohan (elle l'a oublié) sous la forme initiale de fort l'Assomption. Canadiens et indiens ivres ne font que s'y quereller mais la paix finira par être signée avec les Chicachas (quels chicaniers, ceux-là !).

Saint Louis, capitale du Missouri, pays des Illinois, fondée en 1764 par Pierre Laclède (un habitué des toits schisteux, cévenol ?) connut un développement important du fait de son statut de grenier à blé. Les Dufrenne, Lemaire, Perrault s'y appellent maintenant Dufferin, LeMere, Peyrott et y accueillent volontiers les visiteurs français.

Rescapés, eux aussi, quelques noms de lieux (Eau Claire, Frontenac) accompagnent la carte routière avec l'accent roulant des mangeurs de lard qui partaient aux Sauvages. Majestueux Minnesota (eau qui reflète le ciel en Sioux), puis la rivière Saint Croix, anglicisée par la perte de son e.
Là, le Mississippi, grande eau en Algonquin, taillade de hautes parois calcaires (les bluffs) comme Tarn et Tarnon érodent et Cams et Causses. Plus bas, il dessine d'immenses résilles de terre et d'eau, s'y étale jusqu'à former une gigantesque étendue liquide baptisée Lac Pépin en l'honneur de notre fameux roi carolingien…Bref…

Eclaireur du Mississippi, le père jésuite Dablon, parti évangéliser dans la région du Lac Michigan les Miamis (beach), se retrouva perdu, après quelques vicissitudes, quand la bise fut venue, aux Arkansas, tribu qui donna son nom à l'état.
Arrivé au delta après une découverte musclée, Cavelier de la Salle appose sur un arbre une plaque de cuivre aux armes de Louis XIV. Ce dernier dira être persuadé que la découverte du sieur de la Salle est fort inutile !

A la Crosse, baptisée du nom du jeu favori des indiens, l'ombre des French voyagers se fait plus prégnante. Bien du passé a toutefois disparu des mémoires. Que sont ainsi devenus ces Illinwek, Ojibwaes (aux rots giboyeux), Shawnees sans lesquels les traiteurs de fourrure auraient été bien en peine ? Ces Renards, dont la résistance farouche défraya la chronique jusqu'en 1832, date de la reddition du chef Black Hawk (faucon noir) ?

Nous voici maintenant en territoire Ho-Chunk, peuple de la voix sacrée, où notre guide Kevin, Ha-gaja-moning-ga de son nom indien, celui qui veille sur les chevreuils, nous emmène au confluent du Wisconsin et du Mississippi, carrefour millénaire de la circulation amérindienne, ainsi qu'en témoigne la présence de tumuli vieux de deux mille cinq cents ans. Lieu stratégique entouré d'une étendue herbeuse, fourmillant de cerfs et de chevreuils paissant dans la vaste Prairie, fruit des incendies saisonniers allumés par les indiens pour entretenir une herbe grasse propice aux gibiers (l'écobuage). Un village de maisons de rondins accueille un rendez vous annuel de la traite des fourrures que l'on baptisa, en hommage au chef de la tribu des Mesquakis *, la Prairie du Chien, qu'on prononce Prèrdechine pour être compris.

* dont la tenue a inspiré tant d'uniformes.

Les Ho-Chunk ou Winnebagos en français (comme ils sont généralement nommés) sont une tribu amérindienne, originaire de ce que l'on nomme aujourd'hui le Wisconsin et l'Illinois. Le nom Winnebago est celui que leur donnèrent les tribus algonquines voisines, qui signifie à peu près peuple des eaux dormantes (en langue Anishinaabe, Wiinibiigo et non pas, bien sûr, Winnie l'ourson qui, lui, est un mammifère quadrupède), la signification exacte étant toujours sujette à controverse. Les Français les nommaient les Puants, à cause d'informations que leur donnèrent un groupe d'indiens rivaux. Le terme le plus correct mais le moins utilisé est Ho-Chunk. Ils se nommaient eux-mêmes Hotcângara, qui signifie le peuple du grand poisson, lequel était probablement l'esturgeon alors abondant dans le Lac Winnebago (le caviar, russe ?).

Carol-Anne, née Labonne, épouse Ducharme (on vous aime, mesdames, ainsi ), en hommage à son grand-père guérisseur, nomma French Charmer son B&B bonbonnière. Combinant chamanisme amérindien et prières chrétiennes, le charmeur officiait tourné vers l'Est, les mains posées sur les épaules du malade, récitant tout bas une prière dont la teneur est, jusqu'alors, restée secrète.

Populations mêlées de français métropolitains et de créoles blancs (natifs du nouveau monde) souhaitant reproduire, en tant qu'aristocrates, les schémas féodaux européens, mais aussi Cajuns, sous-catégorie constituant un sous-prolétariat blanc. Le mariage communautaire servait de catalyseur à cette assimilation. Ainsi, par exemple, de cette famille allemande du nom d'Achtziger (80) qui se retrouva s'appeler, après quelques unions, famille Quatrevingt. Mélange intercommunautaire possible également que beaucoup de blancs pratiquaient depuis longtemps, mais dont ils n'avaient pas trouvé le fonctionnement légal (mairie).

Nous voilà arrivés dans le vrai Sud, là où le fleuve placide devient monstre immense et imprévisible, là où les populations se répartiront entre Cadiens de la Prairie et Cadiens nés en bayou (born on the bayou, CCR, kaïou, trouve nous une video et sans tarder!).

De la Grand Champ, où l'on goûte enfin la saveur créole, excellente terre à blé, Louis Bolduc, planteur, marchand, propriétaire de mines fit sa fortune et légua à la poste, héritée ainsi une superbe maison normande au style dit poteaux sur solle.

Dans le delta, sur le bayou (la rivière), au milieu des cyprès que la mousse espagnole orne d'une étrange chevelure dorée, Wayne Ponthieux nous emmène en bateau (ce n'est pas le premier). Cette fabuleuse réserve est désormais menacée des canaux creusés dans les années vingt pour faire passer les barges des ingénieurs pétroliers laissant les eaux salées remonter le delta, infiltrant les eaux douces et rongeant les terres…déjà…

Déjà les pêcheurs de chevrettes sur leur bateau (butterfly en anglais, paupière en français) pressentent le risque de ce pétrole qui suinte naturellement dans les bayous.

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La Fayette

Message par Maître Goupil le Sam 19 Juin - 12:31

A Lafayette, où se retrouvent les plus grandes traces françaises, dont la langue, au nord du pays cajun (déformation d'anglais méprisant les Cadiens qui le leur rendent bien en les qualifiant de Nanglais ou de Cous Rouges), ce qui frappe, ce n'est pas la ville, ce sont les noms de famille, Blanchard, Leblanc, Duchamp, de rues, Principale, Vermilion ou de boutiques comme la célèbre Poupart Bakery qui vend du pain français, des pâtés et des confitures ou encore de monuments tels la statue de Charles Mouton, maire en 1901 ou bien encore de publicités comme cette étrange Lagniappe.
Cette expression qui désigne un bonus, un lot viendrait des vendeurs de grains qui disaient autrefois, en ajoutant une poignée gratuite, c'est pour la nappe.

Cicatrices laissées par une loi fédérale interdisant l'usage du français à l'école et générant moultes punitions soit sous forme de copies (500 fois), soit corporelles.
L'octogénaire Merlin Fontenot, violoneux, maître du fiddler, se souvient, mais reprenant esprit et courage ainsi que sa bonne humeur, encourage à ne pas lâcher la patate !

Comment finir ce périple en territoire indien sans se faire scalper…euh…non sans évoquer les seuls indiens réellement francophones ?
Installés dans le bas Mississippi autour de Baton Rouge, près de Lafourche (la rivière), les Houmas, victimes occultées de la ségrégation qui ne leur ouvrit l'école qu'en 1963 (JFK) et peuple totalement méconnu, sauf peut être l'une de ses représentantes, l'Houma Thurmann.

Que dire de ce passé terrible que l'Houma gomma et noya dans une pinte fluide (blague 1969, kaïou, explique) ?

Et si nous allions faire nos emplettes à la galerie de Lafayette !

Nous y trouverions CD et concerts de musique cajun au Festival International de Lafayette 2010 avec,

Keith Frank and the Soileau Zydeco Band, Bassekou Kouyate, Geno Delafose and French Rocking Boogie, Feufollet, La Virée, Bonsoir Catin, De Temps Antan… sont autant de groupes qui la représenteront comme le faisaient encore récemment Zachary Richard, héraut lucide du renouveau identitaire ou bien, plus loin, le légendaire joueur de blues d'accordéon Clifton Chénier et son moins connu "qu'il est bon ton roulé" enregistré chez le label cajun Arhoolie (kaïou, au boulot !).

Alors, finalement, c'est qui les Sauvages ?

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Et alors ?

Message par Fraissinet le Sam 19 Juin - 12:34

Un aparté, dites vous ?

Sommes nous si loin de Salazie, de sa Lozère et de son Florac ?

Que nenni!

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La réponse du berger à la bergère

Message par Fraissinet le Sam 19 Juin - 12:37

Ce mangeur de lard, c'est ce Maître Vidal, narré par Roger Lagrave, colporteur de livres, qui, lors de ses tournées sur le Mont Lozère, y emportait tranches de lard, fromages de chèvre secs et croutons de pain, à défaut d'autres miches.

Cette confluence du Wisconsin et du Mississippi , c'est celle, fortement hydrodynamique, du Tarn et du Tarnon où furent retrouvés restes d'ateliers de poterie et monnaies gallo-romains. Ces tumuli, ce sont ceux, proches, des Combes aux Bondons, de la Lavogne du Sec, près de Chanac (où les coups, même de piquette, sont rares) ou encore du Devez Viel près de Ste Enimie.
Sans entrer toutefois dans la polémique de la confluence du groupe spéléo Tarn né Tarnon, force est de constater que, bien des fois, le Tarnon constitue, avec ses alliés Peschio et Mimente, un approvisionnement hydraulique supérieur à celui du Tarn (contrairement à ce que peuvent penser les bédouesquins, un peu mesquins sur ce coup).

Cet esturgeon menacé du Lac Winnebago, c'est la truite dont l'existence a été remise en cause sur le cours amont du Tarnon par un nettoyage intempestif de la retenue d'eau du moulin de Grattegals.

Ce poisson-arme qui fait peur en Nouvelle France, c'est le loup, c'est la bête en Gévaudan.

Cette musique zarico, contraction incomprise anglaise de "les haricots sont pas sales", zydeco en anglais, c'est celle de la Pena de Florac, ce festival de Lafayette, c'est celui de la Soupe où le groove atteint enfin ces régions misérablement délaissées.

Ces langues, algonquine, chaouanonne (on ne sait si elle le fut effectivement, nonne), huronne, renarde ou polissonne (non, ça c'est la même chose), eh bien ces langues, ce sont notre occitan floracois notamment, la fameuse lenga nostra, mais surtout la langue de cet homme, de ces hommes qui parlent aux chèvres un dialecte incompréhensible (bien pire que le finno-ougrien), qui profèrent ces djoul beille beille ou ces clous tire tire, langue que seules les chèvres comprennent, détail d'importance, car faire tourner chèvre sur un chemin est chose malaisée et risque de faire tourner le pâtre en bourrique ! La chèvre, malicieuse, sourit volontiers dans sa barbe, son bouc, plus précisément…enfin celui qui est sous son menton. Néanmoins, n'ayant pu, du fait de son enfance misérable, aller à l'école, elle ne sait dire que bêêêê.

Cet Achtziger devenu Quatrevingt, ce sont les Alaman, les Arnals, les Bonnal, les Bezon (nullement une invite) lozériens.

Cette misérable guerre de sept ans outre atlantique, c'est plus de cent ans qu'elle dura ici. Mais ces sept ans terminèrent là-bas la relation privilégiée quasiment matrimoniale que la France entretenait avec la Nouvelle France alors qu'ici la France continue d'abreuver la Lozère de sa générosité. Dur ex-voto que les ex ploient sous les coups !

Cet ennemi héréditaire anglais de Bougainville, c'est aussi celui des Lozériens, mais en mille fois plus fort, car l'anglais en question, ce fut un français, Pierre de Balard, qui assura la défense de Chateauneuf de Randon contre Duguesclin qui en perdit la vie d'avoir bu l'eau de cette fontaine que les Grandes Compagnies issues de la fin de la guerre de cent ans et lachées sur les routes (d'où leur nom de routiers) avaient préalablement polluées.

Bref, la Nouvelle France, c'est la Lozère ! Et leurs habitants, des Indiens !

Mais si, vous savez, les indiens à la Garde qui s'affairent de Languedoc Roussillon, à la Canourgue qui ne savent toujours pas planter des choux, à Chanac qui perpétuent l'étrange coutume de l'apero saucisson pinard, à Bédouès où ils s'acharnent à essayer de faire pousser des dromadaires, sur le Sauveterre où, au prétexte d'un pin peint, ils deviennent mi-homme mi-loup, bref ils sont partout !

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Où en étions nous ? Ah oui, Salazie.

Message par Fraissinet le Sam 19 Juin - 12:43

De la vie, elle subit tous les coups, les mauvais, ceux du sort auxquels personne n’échappe et pas seulement celui du hareng au petit déjeuner, celui de bambou qu’elle essuie au restaurant de Prafance près d’Anduze, celui de Jarnac lors de son voyage en Charente, et enfin ce coup de pied au cul qu’elle reçut quand il lui fallut quitter sa Lozère bien-aimée.
Il y eut aussi de bons coups sur lesquels elle ne s’étendra plus avant ici que si elle le désire.

Elle n’est pas que sérieuse, elle sait aussi être gaie, surtout quand, mais c’est hélas là l'un de ses plus graves défauts, elle attire le verre à soi. Cela commence (par une nuit sombre, le long d'une route solitaire de campagne) dès son plus jeune âge à l'école où elle assiste aux séances d'enseignement que, dans son extrême bonté, ce sacré Charlemagne anime. Dieu sait d'ailleurs qu'il a entendu, Charlemagne, âneries ! Avisant, lors d'un voyage en pays cévenol, ces bancels bien entretenus, abondamment fournis en légumes verts par cette terre gorgée de l'eau diffusée là généreusement par les béals, il préconisa, péremptoirement, comme la meilleure solution : C'est riz si culture.

Quant à soie, elle naquit de l'énergie calorifère dégagée par la combustion de ce coke qu'on extrait du bassin houiller proche de la Grand Combe.

Aussi, toujours soignée et prompte à enfiler vêtements de fine couture, elle arbore fièrement sa soie centenaire.

Pour l’anecdote, que d'aucuns trouveront, à tort, bien éloignée de Salazie, au XIXe siècle, le succès du mont de piété de Paris est tel qu'il n'apparaît plus seulement comme l'antichambre de la misère. Le propre fils de Louis-Philippe (roi des Français de 1830 à 1848), le prince de Joinville, aurait déposé sa montre pour honorer une dette de jeu. Quelque peu honteux, il avait prétendu l'avoir oubliée…chez sa tante. L'expression ma Tante pour qualifier le mont de piété était née.
On retrouve ce sens dans l'aimable chansonnette que les innocents neveux de Salazie fredonnent volontiers sans savoir qu'il y a un soupçon de paillardise glissé dedans, j'ai cité ce délicat refrain "en revenant de Paris chez ma tante (oh la la!)", la fin pouvant en apparence prêter à confusion, en apparence seulement car en effet quel profit tirer du mont de piété d'un objet qui n'a de valeur qu'à la banque du sperme (blague approximative pour les connoisseurs, uniquement, il va de soi !)

La Floracoise est amène sans se faire prier.
Toujours respectueuse des autres, par exemple, au temple, elle ne voulut jamais imposer l'affre au mage d'un missel, toujours à chercher compromis, en demies teintes, mi poivre, mi figue, mais toujours avec raison.

A la confluence de quatre rivières, à la confrontation des trois mondes géologiques cévenol schisteux, caussenard calcaire et granitique du lozère, à la croisée des chemins religieux où s'opposent maintenant paisiblement parpaillots et catholiques, historiques où, à défaut d'y reposer comme le fameux Charles Martel, la baronne de Florac, Diane de Poitiers, a fait un récent succès d'Anet, Salazie se demande…

Bien que de nombreux éléments seraient, semble-t-il, de nature à démontrer qu'elle n'est pas coupable, elle l'est et nous serons intraitables sur la sentence que le forum communiquera le moment venu.


A moins que…à moins que ce fil d'Ariane ne soit qu'une gigantesque fiction, qu'un cauchemar éveillé, qu'un calmar…euh…non…un canular géant. *

Serait-ce possible néanmoins que rien de ce qui précède ne reçoive chez elle le moindre écho ?
Elle nous dira.

* Le mot vient probablement du latin cannula, petit roseau, qui a donné le terme médical canule, désignant un petit tuyau servant à introduire un liquide dans le corps, généralement par l'anus. Le mot a donné le verbe canuler, signifiant importuner, ennuyer.
À la fin du XIXe siècle, les élèves de l'École Normale Supérieure, donc un gage de sérieux, forgent à partir de ce verbe le mot pseudo-latin canularium, désignant une farce jouée aux dépens de quelqu'un. Au début du XXe siècle, le mot est attesté sous la forme abrégée canular. Il s'est depuis répandu dans la langue courante et certain(e)s en font régulièrement l'objet.

Bien aidé par un numéro hors-série de GEO histoire, intitulé du Québec à la Louisiane.

Fin

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Re: Eh ! Facétieuse Salazie

Message par salazie le Dim 20 Juin - 16:48

alors là chapeau et MERCI à vous Lozeriens de mon coeur !

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Re: Eh ! Facétieuse Salazie

Message par Piboule le Dim 20 Juin - 18:32

Bisous salazie, c'est bon hein ? La retraite ! ça console, un peu, de l'âge !
Je te souhaite un excellent annif et plein de visites à Florac.

Piboule
Faites la taire !

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Re: Eh ! Facétieuse Salazie

Message par salazie le Lun 21 Juin - 14:28

très contente d'être partie avant la réforme ! merci Piboule

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Re: Eh ! Facétieuse Salazie

Message par Fraissinet le Mar 22 Juin - 10:11

De quelle réforme parles-tu ?
De celle de 1525 où des chrétiens luttèrent pour leur autonomie ou bien de celle des apôtres qui, en guise de pêche miraculeuse, ne capturèrent qu'alevins ?
Ou bien de celle du bétail en fin de parcours professionnel ?
A noter que la volaille n'étant pas assimilée à du bétail, tu devrais être rassurée. Cool

Fraissinet
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Re: Eh ! Facétieuse Salazie

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