La poule de Sussex

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La poule de Sussex

Message par Fraissinet le Ven 21 Sep - 9:34

Divagations dans le poulailler autour de la poule de Sussex

Errances entre hommages à une éleveuse dudit animal proche de moi et à l'équipe de juristes et fiscaliste de l'entreprise où j'exerce mon industrie.

Drôle d'oiseau, entend-on souvent dire pour qualifier de volatile tout être un peu en marge de la pensée usuelle.

Donner à quelqu'un toutes sortes de noms d'oiseaux, c'est le nourrir d'insectives en l'affublant d'images péjoratives telles que que l'addicte bécasse (stup et fiente), le goujat butor (qui en fait trop), la sotte buse (y naisse), la grue au fameux pied (d'alouette), le dur vautour (de France), le vaniteux paon (bagnard) ou la méchante chouette (Bernadette), c'est aussi l'abreuver de la pluie d'un sale temps ou plus simplement d'insuli nase, ce qu'aucun diable éthique ne saurait évidemment supporter…

Ceci n'est toutefois pas une condamnation et l'objet n'est pas ici de les pousser dans le poulailler, il reste néanmoins que, fière comme un coq, la femme de loi, l'oie donc, entend régulièrement dans les prétoires aux procès suspects. L'homme de l'oie, le jars donc, quant à lui, est assez mauvais avocat, il est bien connu, à cet égard, que, quand jars plaide, oie rit.
Il consacre, en réalité, une partie non négligeable de son temps à lever la grosse, processus administratif qui suscite, à n'en pas douter, bien du regret à l'amère loi.

Pour ne pas faire fuir toutefois la jeune professionnelle effarouchée, qui découvrira, hélas bien trop tard, à l'article de la mort, qu'il n'est pas d'article que de loi, mais également de lingerie ou de pêche, effarouchée, disé-je donc, à commencer par la sainte Thérèse Dalila, dont le régime sans son n'est pas forcément sans sel; sans oublier qu'aux boules il faut éviter d'embrasser la roustée fanny, Stéphanie pour qui faire les carreaux n'a plus aucun secret; sans omettre que la camée lit a pour dégriser, Camélia, qui, à défaut de coca, sera abreuvée de force eau en été; sans ne pas se rappeler que l'antéchrist a cessé depuis bien longtemps de faire l'épître pour laisser la place à cette créature enjouée que nous connaissons maintenant, Christa rassurée donc d'apprendre que faire l'épître aux austères abstinents thessaloniciens est un temps révolu depuis que Thessalonique; sans amnistier, il va sans dire, la coupable industrie de celle qu'Ingres idéalisa en une Odalisque, Ingrid, sacrée vertébrée, qui compte jusqu'à coqs six, sans occulter enfin évidemment cette jeune femme qui fit les frais d'Eric et regretta toujours de ne pas avoir une grande famille et ces fils, qu'alitée, elle ne put faire naître, Frédérique, parque nationale qui n'est pas grecque mais ibérique…bref…
Pour ne pas faire fuir cette professionnelle, disions-nous donc, il convient de préciser que cette grosse n'est nullement ce que d'aucuns esprits un peu lestes pourraient imaginer, mais que ce nom proviendrait de ce que à l'époque où les documents de justice étaient rédigés avec une plume d'oie (pour écrire et non se pavaner, c'est qu'on ne fait pas de folies, bergère, dans les cours de justice !), les commis des charges étaient payés au rôle (à la pièce), de sorte que leur rémunération était d'autant plus élevée que la copie était longue.
Ils avaient donc tout intérêt à écrire en grosses lettres qualifiées alors d'écritures grossoyées.
On retrouve, non sans un certain sourire au coin des lèvres, cette pratique obsolète dans les technologies modernes sous la forme de powerpoint.
Et, pour en finir avec ce jars, tel le phoenix qui renait sans cesse de ses cendres, il n'est pas bien malin, et ce con s'en suce les doigts de ses travers (de vase) puisque, à cette heure tardive de la journée, il est rarement disponible, car, en effet, le soir sous la tonnelle, dans la mare grouillante, le jars dîne…

Connotation donc nuancée des oiseaux, pour ne pas dire péjorative des gallinacés, perçue quelquefois même comme sulfureuse au cas particulier de la poule du Sussex qui nous intéresse aujourd'hui.

L'expression avoir une bouche en cul de poule représenterait-elle la principale composante de la réputation de légèreté de la poule de Sussex ?
Dans l'Angleterre surannée, la rémanence de la pratique du Sussex ne serait-elle que l'évocation d'un souvenir, certes ému, de relations anciennes ou bien le pérenniserait-elle, constituant ainsi une insulte au présent ?

On pourrait le présumer, mais qu'est-il réellement de l'histoire de la poule ?
Retraçons pour cela les chemins de ce nom commun, au travers de ses différentes écritures et de ses différentes acceptions au cours de l'histoire :

Comme poulet et poulain, le terme poule dérive du latin pullus, qui signifie petit animal.
Ce terme a vite remplacé l'ancien français géline qui avait le sens de jeune poule.

Elle est d'abord femelle du coq domestique, le Roman de Renart évoque dès le XIIIème siècle ces poules vierges (virges poules), ces belles gélines (beles jelines), ces jeunes pucelles (jones puceles).
Vers 1340, le livre des métiers de Bruges cite une poulle et deus pouchins.

Elle est ensuite nom donné à différentes espèces d'oiseaux ou de volatiles, vers 1530 pouilles des bois (gélinotte), poulle d'eau, poulle de la Guinée (pintade) vers 1555.

Elle représente également un nom donné à certaines femelles de gallinacés telle que la poulle de Inde * (puis d'Inde avant de devenir la future dinde) vers 1542 citée dans Gargantua de Rabelais, la poule faisande en 1694, la poule de bruyère en 1776.

* Ramenée en Europe par les conquistadors espagnols du Mexique qu'ils avaient cru identifier comme les Indes, d'où son nom.

Elle est, dès 1240, terme affectueux adressé à une femme aimée "m'amie et ma pole" dans le Roman du comte de Poitiers.

Elle devient femme galante en 1866 et en 1890 maîtresse (argot des souteneurs).

De nombreuses expressions avec la poule existent telles que celle du fameux cul de poule qui consistait en 1611 à réunir les extrémités des cinq doigts de la main et qui ne devînt l'actuelle moue faite en avançant et en pressant les lèvres qu'en 1660.

Fille par sa branche paternelle d'un coq Brahma, elle a toujours mené, inspirée de ses origines hindoues, une vie sexuelle libérée, voire libertine qui, même jusqu'à Frank Camas, outra, c'est dire !
Voir dans le sexe de Brahma poutre et ne voir là qu'encouragement à la turpitude de même qu'occulter ostensiblement tous ces bons œufs que, pour toi, affectueusement, elle pondit, chéri, seraient méconnaître grandement ladite gallinacée.
Tel un coq ayant en charge dames et poules, le mac * a au nid une relation confuse tant la période de nidification constitue un temps où elle ne rapporte pas.

* Ce goujat rat (en plus il est radin) ragea tant de voir devenir son menton de ce pain jabot qu'il décida d'un ton sec : j'épure.

Trève toutefois d'hindouité qu'un doux ite nous amènera à quitter, la messe est malheureusement, je le crains, dite sur la libidinosité putative de la poule.

Poule souvent de caractère (une précision lexicale, on dit trempé pour les mâles et mauvais pour les femelles), cette virago a un comportement marqué de défense des tas de coquilles d'huîtres qu'elle confectionne, elle est en ce sens à la conservation de l'amas drastique.

Il convient toutefois de préciser que, contrairement à sa réputation, la poule mouillée n'est nullement une animale échauffée de désir mais bel et bien une trouillarde !

Elle est néanmoins bonne mère, ce qui a fait quelquefois croire, à tort, à des origines marseillaises.
Elle couve avec amour les œufs qu'elle a généreusement pondus.
Bonne pondeuse en effet toute l’année, elle ralentit néanmoins l’hiver ce qui fait dire aux avides culteurs qu’à cette saison la poule aux œufs dort.

Après l'aventure du cul de poule rapportée ci-dessus, dont la vocation érotogène n'est plus à démontrer, c'est le nid de poule qui conforte cette dimension un peu plus profondément en évoquant un lieu où l'on passe autant qu'un trou où l'on s'enfonce et qui défonce les amortisseurs.
En revanche, le tâte-poule n'est pas un frénétique peloteur ni un pilote de bréchet, mais un homme qui effectue les taches traditionnellement féminines dans un couple.

Que dire de cette poule qui a trouvé un couteau si ce n'est que cette étrange expression est d'origine libyenne.

Avant que d'aller plus loin dans l'analyse, il convient d'avoir à l'esprit cette assertion essentielle qui définit le gallinacé.
La poule est au pot ce que le poulet au grain et le coq au vin.

Faut-il rappeler que le poulet, outre sa fonction première de chair délicieuse, n'est pas qu'un terme d'affection ou un policier, il est également un billet doux. Cette dimension romantique du gallinacé est hélas bien trop souvent totalement méconnue. Il faut sans doute le regretter et se le rappeler quand on entreprendra, avant que de l'enfourner, de dénuder la volaille de son duvet et de la farcir généreusement.

Et puis…et puis toutes ces questions qui risquent, hélas, de rester sans réponses :

Ce volatile espiègle (de l'allemand Eulenspiegel, le miroir des chouettes) est-il aussi malicieux et farceur que son nom pourrait le laisser penser ?
Inquiétante question, car, en effet, la chouette effraie.
Est-il anormal que, lyonnais d'origine, on trouve un accent gone au coq ?
Fera-t-on Tintin de cette bonne volaille dont le développement du chapon a fait mettre coq en stock ?
Le coquard, bleu à l'œil, serait-il le mâle de la cocarde, bien connue pour brandir haut l'étendard et faire le coup de poing ?
L'accompagnement d'oranges suffirait-il pour faire de cane art ?
Existe-t-il un risque de se faire attirer et par la cane happer ?
Y a-t-il une étincelle d'espoir que le coq reste en poule quand viendra coupe du monde ?
On ne saurait éviter pour cela que le panache blanc prenne la clef des champs !

Le coq est bien sûr ce maître queux qui passe à la casserole les autres volailles, mais il est moins connu qu'il aime également à se travestir, en dorade, par exemple, quand il est coq de mer ou en mérou à points bleus quand il est coq rouge, coq des jardins, il devient menthe de coq ou feu tanaisie.

Le coq, ovin par son comportement de mouton de Panurge, suit sans cesse la poule dans la basse-cour. On dit quelquefois, expression familière, que ce chemin qu'il parcourt mène le coq au bar à gueuse. Il ne faut toutefois pas se tromper de gueuze. Vieille carne, le coq sera en effet mis en bière ou en vin car il a besoin d’un appareil fortement alcoolisé pour que s’attendrisse sa chair et s’épanouisse son goût.

Et, me direz-vous, le fameux coq en pâte ?
C'est être dans son lit bien chaudement enveloppé de couvertures et d'oreillers, comme un coq-faisan dans un pâté d'où l'on ne voit sortir que la tête par une ouverture de la croûte de dessus.
Un coconnier ou coquetier du pays du Maine dirait tout de suite :
Un coq en pâte est un coq mis à la retraite, qu'on engraisse avec force pâtée, et qu'on tient captif à cet effet sous un panier. C'est pour lui faire l'honneur de le manger qu'on en prend tant de soin, et c'est parce qu'il ne s'en doute pas, parce qu'il a l'imagination comme le corps en repos, et parce qu'il a tout à souhait, qu'il profite si bien.

Qui oserait contredire ce coquetier ?
Croyez-en d'ailleurs le bourguignon Bonaventure Despériers qui avait vu engraisser ainsi la volaille sous des paniers appelés benetons dans le pays :
Ils lui envoyoient mille presens, comme gibiers ou flaccons de vin, et ses femmes lui faisoyent des maucadons et des camises, il estoit traitté comme un petit coq au panier.

Quel homme ne se réjouirait en effet, à commencer par le rédacteur du présent poulet, qu’une bourguignonne lui prodiguât force maucadons et camises ? au risque d'en sortir empâté.

Ce panier est corbeille où l'on jette des détritus ou bien où dorment, sous les jupes d'Elizabeth Ière pour en protéger l'accès, les king Charles spaniels (épagneuls).
Il est également sous-vêtement porté au XVIIIème siècle par les femmes.
Très large sur les côtés, plat devant et derrière, il donne à la silhouette une forme extrêmement différente de ce que sera, au siècle suivant, la crinoline arrondie en cloche, bien que leur but soit le même, soit d'accentuer les courbes féminines naturelles en élargissant visuellement les hanches afin d'affiner la taille. En outre, ne présentant point l'inconvénient de la rigidité de la crinoline, qui amenait, lors d'une danse enlevée, d'un coup bas, d'un coup de vent, d'un coup du sort ou d'une hasardeuse montée à cheval, la femme à voir sa pudeur risquer de ne plus être garantie.
Alors, cette main au panier ? A chacun de choisir lequel !

Le Coq est desservi par le tramway de la côte belge appelé aussi tram du littoral qui parcourt depuis La Panne * 70 km jusqu'à Knokke La Zoute. Après un succulent waterzoï, il se dirige vers Amsterdam où il déguste la spécialité batave locale, l'œuf à la coke aux fines herbes.

* Il est notable de retenir qu'à l'instar de l'homme le coq pratique le coup de la panne pour accéder à la zoute.

Coq laid, surnommé, comme son frère, le nain en raison de sa petite taille, surnommé également poussin, gourmand de l'arénicole à goût iodé, il ne devient ce bel animal qu'on connait qu'à l'âge adulte après que sa crête de coq se soit affirmée, laquelle crête se retrouve un peu partout, notamment comme affection des organes génitaux externes, signe d'une grande créativité dans son activité sexuelle.
Le concept infectieux d'imbécile de coq est là pour le confirmer.
A ces titres divers, il est un exemplaire typique de ce cas désespéré que retraçait dans sa célèbre chanson Jacques Brel d'homme beau, beau, beau et con à la fois.

C'est un portrait finalement extrêmement contrasté dudit volatile qui est proposé là.
Le coq hard y trouverait également sa place à l'endroit le plus chaud, car sa réputation d'ardeur sexuelle n'est plus à faire.
Symbole de l'enfer et dame nation, de gallus, gaulois et gallinacé, il représente à lui seul le caractère gaulois.
Coq hardi, symbole de la restauration ?
Il disparut pendant cette période pour réapparaître dans les nombreux restaurants qui portent maintenant son nom.

La poule peut-elle réellement lui faire confiance ? Avec précaution, car, en effet, le coq hardi ment.

La relation du coq à la poule se différencie de celle de l'homme à la femme, en ce sens que l'homme est un outil indispensable pour faire l'hommelet mais que le coq n'est pas nécessaire pour faire l'omelette.

Dans le règne des oiseaux, comme chez les humains, le mâle parle net, franc, fier, le verbe haut.
Ainsi le jars jargonne, le canard cancane, le coq chante, le perroquet cause, le coq de bruyère dodeldire, le merle appelle, le faucon réclame, le pigeon jabote, le jaseur boréal, le pinson fringote, l'homme pérore.
La femelle oiseau lui portant quelquefois sur le jabot, le mâle oiseau peut occasionnellement boire un petit coup de trop tel le dindon qui glougloute ou le canard siffleur.
Bavarde, la femelle oiseau l'inonde de ses paroles plus ou moins puériles, la corneille babille, plus ou moins énervantes, la perruche jacasse et la pie agasse, plus ou moins bruyantes, l'oie criaille.
Elle sait aussi l'embrouiller et c'est alors la pintade qui cacabe, la fauvette qui zinzinule, la caille qui margote, la cigogne qui glotore, la perdrix qui pirouitte.

Mais, c'est en dernier ressort la séduction qui la caractérise quand la colombe roucoule, la poule glousse et quand l'alouette turlute, la huppe pupute. Bref, toutes les mêmes !

Et, comme dans tous les ménages, pendant que les parents volatiles se disputent à coups de vers, le poulet piaule et le poussin piaille…

Pendant ce temps, la Mère l'Oie larmoie de voir ses oisillons partir faute de grain à picorer à défaut de moudre, sans raison, car ce serait bien vite oublier que la mère d'oie doit assister ses enfants.
Les qualités culinaires de l'oie sont reconnues depuis la plus haute antiquité, c'est ainsi que fit depuis toujours la Grèce d'oie un de ses meilleurs mets.
Ces volailles, que l'on gave de Pau jusques au Pô et du Capitole romain jusqu'au toulousain, constituent l'une des bases de cette soupe gasconne, la garbure, dont la cuisson à petit feu dans le faitout calaminé mène l'ensemble au confit, ce qui fait dire, comme chacun sait, que c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes. De même pour les abattis dans le cassoulet où le foie doit être présent ! Bien sûr que l'on aime, mais est ce une raison pour être tant au foie dévôt ?
Mal connue pour ses activités de gardienne, elle a pourtant, animal sacré, protégé, en criant, la ville de Rome d'un assaut du Sénon Brennos (gaulois de Bourgogne) vers les années 390 avant JC.
Elles ont été depuis honorées chaque année d'une procession où elles défilent dans une litière luxueuse et où sont sacrifiés des chiens pour leur rappeler leur déficience de gardiennage.
De même, elle assure la surveillance de distilleries écossaises de whisky mieux que des sociétés spécialisés équipées de technologies sophistiquées de détection. Comment ?
Simplement, dès qu'elle a ouï tout ce que normalement toute oie oit *, plus fort qu'un chien qui aboie, elle crie tandis que les morsures aux mollets des assaillants que porte jars tel un piranha affamé, les font fuir.

* Un grand merci à Raymond Devos pour ce grand moment de zoologie.

Attention, à ce stade, à ne pas se méprendre sur les espèces, si poules, dindes, pintades, cailles, faisans et paons sont des gallinacés, les oies, canards, cygnes appartiennent à la famille des anatidés.
On ne peut à cet égard oublier d'évoquer la lâche ouette, peu courageuse donc, située entre la paresseuse oie sive et le peu fiable, bien que beau, tadorne (en effet le tadorne ment).

Comment ici de ne pas arriver à la réputation sulfureuse de la dinde, que semblerait venir confirmer, à tort, le vocable cochon dinde, pourtant rongeur de son état, sauf à penser qu'il ne s'agit là que d'un idiotisme animalier tant répandu dans notre langue ?
Ainsi, l'âne n'est probablement pas l'ane, ancien nom de la cane, femelle du canard, qui survit dans le nom d'un outil métallique, le bédane, ancien bec-d'ane, burin de forme évasée rappelant un peu un bec de canard.

Il est, à cet égard, intéressant de noter que cette réputation de légèreté touche aussi bien la poule, la dinde, la caille que la pintade alors que la cane, elle, en est exempte. En revanche, dindes, oies et canes sont généralement considérées comme stupides.


Chaude ou grasse comme une caille, tel est le portrait qui est fait de cette animale.
Elle n'est toutefois pas que le gibier le plus mignon et le plus aimable, elle est également, comme le disait Brillat-Savarin, bien grasse, plaisante par son goût, sa forme et sa couleur.

Le coturniculteur averti, d'Amiens ou de Savoie, se méfiera du langage de la caille qui margote, mégote quelquefois, ou courcaille. Il recommandera néanmoins en apéritif la chair délicieuse des fameux œufs de caille panés. Auprès de ma blonde, intitulée initialement le prisonnier de Hollande, auprès de sa blonde donc, brune en l'occurrence, où il fait bon dormir, il trouvera caille, tourterelle et jolie perdrix.
La belle, toutefois, toute à la découverte de nouvelles lectures, n'a pas trop le temps de dormir, car, en effet, l'Emile lit aussi à l'occasion du tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau. Devant le reproche du coturniculteur sur l'état de désordre de la chambre, elle rétorque, indignée, qu'elle fait lit ci oh si !

Quant à la pintade,

La principale pintade domestique (Numida meleagris), issue de la pintade vulturine (Acryllium vulturinum) sauvage en Afrique, garde de son ancêtre l'instinct de se percher et un caractère farouche. Importée d'Afrique par les Grecs et les Romains qui l'utilisent comme offrande aux dieux et l'élèvent en basse-cour, elle est nommée poule d'Inde au Moyen Âge puis poule du pharaon et pintade enfin lorsqu'un navigateur vénitien au service du Portugal en ramènera un spécimen d'Afrique de l'Est. La pintade (nom emprunté au portugais pintada signifiant poule peinte) est un oiseau de la famille des gallinacés.
Originaire d'Afrique, elle y symbolise la femme émancipée dans de nombreux pays.

Pintadine, vous la croyez petite, elle est huître perlière.
L'animale vous fait un clin d'œil, d'œil de pintade, soyez prudents, car il s'agit là d'une fleur toxique, la fritillaire.
Toutefois, si la fleur est toxique, elle est aussi remède à dose moindre.
Comment ne pas citer à cet égard la dame d'onze-heure, connue comme bouillon de la même heure, significatif il y a quelques siècles d'empoisonnement.
A dose homéopathique, et tout le monde n'y est pas ennemi, appelée aussi chez les anglais étoile de Bethléem ou de Noël, elle est souveraine dans les phases d'abattement et de désespoir. Fleurs de Bach (Edouard, médecin anglais du siècle dernier, pas Sébastien bien sûr) en est un concept connu au travers de la composition de 38 élixirs floraux.

Que dire de ces fameuses Pintades ?

En 2004, deux journalistes françaises entreprennent la rédaction d’un ouvrage décodant le mode de vie des femmes new-yorkaises, mélange de chroniques journalistiques et d’adresses. L’ouvrage Les Pintades à New York sert ensuite de matrice pour la publication des autres ouvrages de la collection, que les auteures décident de créer après la sortie de ce premier livre.
Les auteures ont choisi cet oiseau pour symboliser la femme moderne, qu’elles définissent comme étant féministe et féminine. Dans leurs ouvrages, elles insistent sur les qualités d’indépendance du volatile et font un parallèle anthropomorphique avec les femmes qu’elles dépeignent.
Elles se sont appuyées sur la lecture de l'ouvrage du zoologue Jean-Marie Lamblard, "L'oiseau nègre : l'aventure des pintades dionysiaques", oiseau nègre connu comme symbole de la lutte contre l'esclavage (ouvrage très intéressant).

Les références bibliographiques en sont nombreuses avec notamment les savoureuses
"Les Pintades passent à la casserole à New York" et "Paris en cuisine".

Il apparaît donc là clairement que, parmi les gallinacés, c'est la pintade qui représente la plus grande liberté de mœurs, bien au-delà de celle de la poule de Sussex. Cette évidence a la force de l'oie qui, bien des fois, trop grassement nourrie de maïs, se ment sur son régime et ce n'est pas le fait que cane cancane ou qu'on cale son long pochon à douille * pour farcir ladite volatile qui en changera les termes.

* Il ne s'agit pas là d'une quelconque tentative hasardeuse de contrepèterie, mais bel et bien du nom d'un ustensile de pâtissier !

La conclusion de cette analyse ne serait-elle en définitive que la poule paierait pour les autres et serait le dindon de la farce ?





Comment finir sans une bonne recette, en voici une, les cailles roties aux cerises

Ingrédients :

4 belles cailles
4 fines tranches de lard
4 c. à soupe de vinaigre de framboise
2 carottes
3 échalotes
600 g de cerises (bigarreaux)
80 g de beurre
2 c. à soupe d'huile
25 cl de bouillon de volaille
sel, poivre


Préparation :

Lavez, essuyez et dénoyautez les cerises.
Pelez et coupez en dés les carottes et les échalotes.
Salez et poivrez l'intérieur des cailles.
Farcissez chacune d'elles de 5 cerises, puis bardez et ficelez. Faites-les revenir de tous côtés dans une cocotte avec 20 g de beurre et l'huile.
Ajoutez les carottes et les échalotes.
Couvrez et laissez cuire 20 min à feu moyen en surveillant bien la cuisson.
Faites cuire en compote la moitié des cerises avec 1 c. à soupe de vinaigre.
Mixez-les pour les réduire en purée.
Retirez les cailles cuites et réservez-les au chaud.
Videz l'excès de gras. Déglacez avec le reste de vinaigre.
Faites réduire à feu vif. Ajoutez la purée de cerises, puis le bouillon de volaille et laissez mijoter 5 min.
Passez cette sauce au chinois (pour une caille japonaise, c'est un comble !), rectifiez l'assaisonnement à votre goût.
Ajoutez le reste de cerises et laissez mijoter encore 5 min avant d'incorporer peu à peu les 60 g de beurre en petits morceaux.
Disposez les cailles sur le plat de service préchauffé.
Nappez-les de sauce aux cerises.



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Re: La poule de Sussex

Message par kaïou le Ven 21 Sep - 16:00

tiens,en voila un qui pond mème par temps de pluie....

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Re: La poule de Sussex

Message par Piboule le Ven 21 Sep - 18:36

La classe, la grande classe, on en reste baba !

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Re: La poule de Sussex

Message par millou le Dim 23 Sep - 17:04

merde moi qui croyait qu'ils s'étaient tous entretués sur ce forum ils reste quand même des survivants et meme quelques poules lol!

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Re: La poule de Sussex

Message par Fraissinet le Dim 23 Sep - 19:43

Dès qu'on parle de poules, ils rappliquent tous !!!

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Re: La poule de Sussex

Message par Piboule le Dim 23 Sep - 20:49

Sûr c'est des ivrognes... (poule au pot)

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Re: La poule de Sussex

Message par Piboule le Dim 23 Sep - 20:50

entretués ? Mais non au contraire on se congratule au hasard de nos rencontres sur le net.

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Re: La poule de Sussex

Message par millou le Lun 24 Sep - 18:58

Piboule a écrit:entretués ? Mais non au contraire on se congratule au hasard de nos rencontres sur le net.

Oui c'est ce que j'ai vu le forum c'est divisé en tellement de petit forum que le flot a fini par ce tarrir.

Par contre les gens continuent de venir visiter .

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Re: La poule de Sussex

Message par Fraissinet le Mar 25 Sep - 13:34

Les nappes phréatiques finissent toujours par s'emplir à nouveau et les flots par remonter, non ? En revanche il faut y aller doucement pour éviter que cette remontée ne s'accompagne de trop de lie (de lit peut être aussi) !!!
Il faut néanmoins se laisser aller et offrir libre cours à son imagination, mais quel risque alors de se laisser entraîner dans cet engrenage où la poule lit ou bien où l'ultra allah lit tout (je sais, j'ai honte !)

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